En juin, nous avions rempli une place à Saint-Gilles. Du 29 novembre au 1er décembre 2024, le Brussels Greek Food Festival est revenu dans une Winter Edition — cette fois à l'intérieur des halles historiques de Tour & Taxis. Exit le ciel ouvert, place aux poutrelles d'acier et à la brique ; exit la chaleur de l'été, place aux manteaux posés sur les dossiers de chaise. La question s'imposait : un festival grec reste-t-il grec en plein hiver belge ?
Réponse courte : plus que jamais.
Une autre salle, un autre métier
Jouer dans un lieu couvert de cette ampleur n'a rien à voir avec une place en plein été. Tour & Taxis, c'est du volume : de hauts plafonds, de longues perspectives, un son qui voyage. Mon soundcheck a consisté à apprivoiser l'espace : garder un bas du spectre chaleureux sans qu'il ne submerge les conversations aux longues tables — parce que dans un festival gastronomique, les tables sont l'essentiel. On vient pour manger, boire et parler ; et puis, quand la musique l'a mérité, pour danser.
La courbe d'une journée de festival hivernal
Chaque journée avait sa forme propre. À l'heure du midi, le public voulait de l'atmosphère : la chaleur d'un rebétiko, des laïkà nostalgiques, ce genre de set que j'affine chaque semaine comme DJ de restaurant et de lounge. À mesure que la lumière déclinait derrière les verrières des halles, j'ai poussé le tempo. Le samedi soir, l'espace devant la cabine avait cessé de faire semblant d'être un passage : c'était devenu une piste de danse.
L'hiver dehors, la mer Égée dedans. C'était le brief que je m'étais donné ; le public a fait le reste.
Des moments que je n'oublierai pas
- Une ligne de kalamatianó serpentant entre les stands le samedi soir, qui s'allongeait à mesure et attirait les danseurs comme un aimant attire les clés.
- Les exposants — après deux longues journées devant les grills — en train de danser derrière leurs comptoirs pendant le set de clôture du dimanche.
- Des visiteurs belges me demandant de leur noter des titres. C'est le travail discret de la diaspora : une mélodie à la fois.
Deux éditions, une leçon
Avoir animé l'édition d'été et celle d'hiver la même année m'a appris qu'un festival n'est ni un lieu ni une saison : c'est une communauté qui décide de se rassembler. Mon rôle de DJ de festival est de donner un battement de cœur à ce rassemblement — savoir quand la salle réclame Zorba et quand elle a besoin d'espace pour discuter autour d'un verre d'assyrtiko.
Félicitations encore aux organisateurs pour ce grand saut vers Tour & Taxis — un pari ambitieux et réussi. Et à toutes celles et ceux qui ont dansé entre les stands : vous avez transformé un week-end d'hiver belge en panigíri du mois d'août.
Si vous préparez un festival, un événement gastronomique ou une soirée grecque de grande envergure qui a besoin d'un DJ à l'aise avec les foules comme avec la cuisine, envoyez-moi un message — je serai ravi d'en entendre parler.