· Récit d'événement

Trois jours de fierté grecque à Saint-Gilles

Mon récit du Brussels Greek Food Festival 2024 — la première édition que j'ai eu l'honneur de mettre en musique comme DJ du festival.

Certaines missions se préparent comme n'importe quel autre engagement. D'autres se préparent comme une réunion de famille. Quand on m'a proposé d'être le DJ du Brussels Greek Food Festival — le festival gastronomique grec de Bruxelles, organisé du 14 au 16 juin 2024 sur la place Maurice Van Meenen à Saint-Gilles pour célébrer les 80 ans de la Communauté hellénique de Bruxelles —, c'était très clairement la seconde catégorie.

Cela fait des années que je suis DJ grec à Bruxelles : mariages, réceptions d'entreprise, soirées en restaurant. Mais se tenir derrière les platines en plein air, sur une place, face à la maison communale, avec l'odeur des souvlakis grillés qui traverse la foule et trois générations de la diaspora devant soi — c'est autre chose.

Vendredi : mettre la place en température

Le vendredi soir, il s'agissait de donner le ton. Les gens arrivaient directement du bureau — Grecs, Belges, voisins curieux de Saint-Gilles — et mon rôle était de transformer la place en plateía de village. J'ai ouvert sur des sonorités grecques chaleureuses et mélodiques : laïkà des îles, un peu d'éntekhna, des morceaux que votre mère et votre colocataire peuvent apprécier ensemble. Quand les files devant les premiers stands se sont étirées à travers la place, le volume des conversations m'a dit tout ce que j'avais besoin de savoir.

Samedi : quand le cercle se forme

Le samedi, c'était le cœur du festival. Des groupes de danse se sont produits en costume traditionnel et, entre leurs passages, j'ai gardé l'énergie en mouvement. Puis est arrivé le moment que tout DJ grec attend : le premier cercle de syrtaki qui se forme tout seul, sans la moindre invitation. Les mains sur les épaules, des inconnus qui rejoignent d'autres inconnus, un couple belge entraîné par une yiayiá qui n'acceptait pas de refus. J'ai étiré ce set aussi longtemps que ma conscience me l'a permis.

Quatre-vingts ans de vie communautaire à Bruxelles — et on les sentait tous dans ce cercle.

Dimanche : la journée des familles

Le dimanche appartenait aux familles. Des enfants au visage couvert du sucre des loukoumádes, des grands-parents installés sur les bancs à l'ombre, et de mon côté une courbe musicale plus douce : les classiques, les chansons que l'on reprend en chœur, celles que l'on demande « pour mon père ». Clôturer le festival avec toute la place qui chante, c'est un souvenir que je garderai longtemps.

Ce que j'en retiens

  • Un public de festival n'est pas un public : c'est vingt publics qui arrivent par vagues, et le vrai travail consiste à relire la place heure après heure.
  • La cuisine et la musique parlent la même langue. Quand les grills tournaient à plein régime, la musique devait laisser de l'espace ; quand les assiettes se vidaient, elle devait soulever la foule.
  • La communauté grecque de Bruxelles est vivante, fière et en pleine croissance — et elle danse.

Tout mon respect aux organisateurs et aux bénévoles qui ont bâti ce festival, et à la Communauté hellénique de Bruxelles pour ses 80 ans. Ce sont des événements comme celui-ci qui donnent tout son sens à mon métier — avec la même énergie que j'apporte à chaque soirée grecque à Bruxelles, du festival à la célébration privée.

Vous préparez un événement à thème grec, une scène de festival ou une fête communautaire ? Écrivez-moi et parlons ensemble du son de votre journée.

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